L'Église Saint-Pierre Saint-Paul - Ligny-le-Châtel
HISTOIRE
Jusqu’au XVe siècle, il existait deux bourgades du nom de Ligny : Ligny-le-Châtel (le château) et Ligny-la-Ville ; cette dernière, située sur la route de Chablis, disparut au cours de la guerre de Cent-Ans, ainsi que son église St-Symphorien. Ces paroisses relevaient à l’origine du diocèse de Langres, sous le patronage de la puissante abbaye bénédictine St-Michel de Tonnerre, mais, à une date encore inconnue, la cure de Ligny-le-Châtel passa aux mains du chapitre cathédral de Langres.
L’actuelle église St-Pierre-et-St-Paul frappe par sa singulière silhouette, composée d’une simple nef basse et d’un immense chœur très orné. Décidé à reconstruire en plus grand son église, le chapitre de Langres assura le financement du nouveau chœur Renaissance entrepris dès 1554 ; selon la coutume, le chantier de la nef relevait de la paroisse et donc des fidèles mais, mis à contribution pour l’édification des chapelles du chœur, ces derniers n’eurent plus les moyens d’élever une nouvelle nef dans la continuité du nouveau chœur. La vieille bâtisse et son clocher restèrent donc dans leur état de la seconde moitié du XIIe siècle.
ARCHITECTURE
La nef romane
Inscrit dans un massif en faible relief, le beau portail présente des voussures à décor en damiers, dents de scie et rangs de perles ; celles-ci retombent sur des chapiteaux à décor mixte, végétal et géométrique. La nef repose sur de puissantes piles carrées sur lesquelles s’appuient les grandes arcades ; elle est couverte d’un lambris en berceau brisé des XVI et XIXe siècles.
Le chœur Renaissance
L’élévation du chœur, haut de 18 mètres, superpose de façon élégante et dynamique de grandes arcades reposant sur 12 piles carrées à niches, autrefois destinées aux statues des 12 Apôtres, un mur aveugle et les baies hautes. Les voûtes sont ornées d’un jeu subtil d’ogives et de nervures dessinant une sorte de dentelle architecturale.
MOBILIER REMARQUABLE
Du remarquable mobilier conservé dans cette église, on retiendra les éléments suivants :
– les médaillons de consécration peints sur les piliers de la nef semblent dater des XV ou XVIe siècles.
– à la jonction de la nef et du massif soutenant le clocher, le superbe groupe sculpté en bois peint du XVIe siècle, jadis prévu pour une poutre de Gloire, est composé d’un Christ en croix, de la Vierge de douleur et de l’apôtre Jean.
– le chœur Renaissance conserve en son mur la pierre portant le texte commémoratif de la pose de la première pierre de l’édifice en 1554.
– une curieuse scène sculptée figure tout en haut d’un des autels latéraux montre la Vierge assise sur le toit de sa maison. Cela renvoie à la tradition du miracle de Lorette : alors que la ville de Nazareth en Palestine se voit menacée par l’avance musulmane en 1291, la maison natale de Marie se transporte miraculeusement par les airs jusqu’au village italien de Loreto.
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
A l’extérieur, côté rue, trois niches du choeur, aujourd’hui vides, conservent des inscriptions intéressantes : « Humains, pensez tous à la fin / paradis ou enfer sans fin », « Falce premit cunctos haec pallida mortis imago » (la cette pâle image de la mort avec sa faux nous poursuit tous) et « Tutissimum peccatorum asylum » (refuge très sûr des pécheurs) ; cette dernière accompagnait une statue de la Vierge.