L'Église Saint-Nizier - Deux-Rivières-Accolay
HISTOIRE
Implantée à proximité de la « Via Agrippa », la grande voie romaine qui relie Lyon à Sens en passant par Avallon et Auxerre (l’actuelle RD 606), la commune d’Accolay est riche de son passé antique et médiéval ; en témoignent les découvertes de sarcophages mérovingiens tant au XIXe siècle, lors du percement du canal, qu’au XXe à l’occasion de sondages archéologiques menés dans l’église en 1990.
La présence d’une communauté chrétienne en ces lieux est attestée de façon précoce ; en effet, le bourg d’« Accolatus » est mentionné dans un règlement liturgique de la cathédrale d’Auxerre daté de la fin du VIe siècle.
Depuis le XIe siècle et jusqu’à la Révolution, la paroisse est sous le patronage des chanoines du chapitre cathédral qui en nomment le curé et en tirent des revenus.
ARCHITECTURE
Démonté en 1965, le retable de style classique qui s’élevait jadis au fond de l’abside du sanctuaire a été remonté en 1991 et sépare désormais le chœur d’origine, qui sert aujourd’hui de chapelle, et la nef. Daté de la fin du XIIe siècle ou du tout début du XIIIe, le chœur est constitué d’une travée droite voûtée d’ogives et d’un sanctuaire en cul-de-four. Communiquant avec le chœur, la base du clocher érigé au XIVe siècle, est, elle, couverte en voûtes d’arêtes. Quant à la nef, elle a été profondément transformée dans la seconde moitié du XVIIe siècle et sa façade reconstruite à cette époque.
MOBILIER REMARQUABLE
L’autel et son retable constituent donc le principal élément mobilier de l’église. L’ensemble, tout-à-fait monumental, date aussi de la fin du XVIIe siècle ; il organisé autour du tableau sur toile de la Nativité, peint en 1702. Deux puissantes colonnes l’encadrent, surmontées de chapiteaux à corbeilles soutenant un entablement denticulé supportant lui-même un fronton ; flanqué de pots à feux, ce fronton est scindé en deux pour laisser place à un socle jadis prévu pour l’exposition d’une statue ou, plus vraisemblablement, d’une croix.
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
Issu d’une famille aristocratique gallo-romaine, Nizier est élu évêque de Lyon vers 522 ; à sa mort en 573, ses reliques font l’objet d’un culte important au-delà même de la capitale des Gaules. Nizier est le grand oncle de Grégoire de Tours, le célèbre écrivain de l’époque mérovingienne, qui le mentionne dans son « Histoire des Francs » écrite entre 575 et 594.