L'Église Saint-Nicolas - Fleys
HISTOIRE
Situé sur la voie antique qui menait d’Auxerre à Tonnerre, le village de Fleys relevait jusqu’à la Révolution du diocèse de Langres. La paroisse, mentionnée sous la forme « Flaiacum » en 1133, dépendait alors du chapitre de la collégiale St-Martin de Chablis.
ARCHITECTURE
L’accueil se fait par un élégant portail gothique de la fin du XVe siècle surmonté de deux niches abritant la scène de l’Annonciation, avec les statues de l’Archange Gabriel à gauche et la Vierge Marie à droite.
D’une facture homogène, l’église se compose d’une nef unique, flanquée de deux petites chapelles aux culots d’ogives sculptés, et d’un sanctuaire polygonal dont les hautes baies inondent le chœur d’une abondante lumière
Le jeu subtil et complexe des ogives des voûtes du chœur et du sanctuaire est propre au style gothique dit « flamboyant » qui caractérise l’architecture de la fin du XVe ou de la première moitié du XVIe siècle ; les faux chapiteaux en forme de bagues décorée ou le dessin « en flammes » des remplages des baies vitrées témoignent de ce style foisonnant. Au chœur, la clef de voûte est ornée du blason royal aux trois fleurs de lys surmontées de la couronne, tandis que les ogives intermédiaires, décoratives, retombent sur des culots à petits personnages aux poses curieuses. Posés il y a de nombreuses années, les étais en bois consolident « provisoirement » l’édifice, qui connaît d’importants désordres de maçonnerie.
MOBILIER REMARQUABLE
Sur le mur sud du chœur, une peinture murale du XVIe siècle représente un célèbre épisode de la vie de saint François d’Assise, au cours duquel le saint en extase, agenouillé, bras ouverts, voit un crucifix apparaître devant lui. François est alors gratifié miraculeusement par le Christ en Croix des stigmates de la Passion, c’est-à-dire des cinq plaies de la crucifixion.
En bois peint, l’ancien maître-autel (XVIIIe s.) est orné sur son devant du triangle, figure de la Trinité, marqué en son centre du nom de Yahvé en caractères hébraïques.
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
De curieuses figures sculptées, tantôt fantastiques, tantôt grotesque, parfois même obscènes, peuplent la corniche qui, à la base de la toiture, ceinture l’édifice. Loin d’être anecdotiques ou « folklorique », ce à quoi on les réduit souvent, ces images ont un sens spirituel : figures du mal, des déviances, des vices et du péché qui marque le, monde, elles rejettent ces forces négatives à l’extérieur de l’édifice sacré, qui se veut la demeure de Dieu et la préfiguration du Royaume des cieux.