L'Église Saint-Didier - Argenteuil-sur-Armançon
HISTOIRE
Le territoire :
Situé sur le tracé de la voie antique Sens-Alesia, Argenteuil appartenait, du Moyen Âge à la Révolution, au comté de Tonnerre et au diocèse de Langres. Le territoire d’« Argentolium » est mentionné en 1080 à l’occasion d’un don de terre fait à l’abbaye de Molesme (aujourd’hui en Côte d’Or), fondée par saint Robert en 1075. L’endroit est ensuite qualifié de « place forte » dans un acte de 1174.
L’église :
L’église est sous le double vocable des saints Didier, évêque de Langres aux IV-Ve siècles et martyr, et Leu (version populaire de Loup), certainement l’évêque de Sens (VIIe s.), à moins qu’il ne s’agisse de l’évêque de Troyes (Ve s.).
La paroisse appartenait jadis à l’abbaye de Vézelay, qui en nommait le curé.
ARCHITECTURE
Construction :
Elevée au XIIIe siècle, l’église la plus ancienne connue aurait subi un incendie au XIVe (?). Sa reconstruction générale à la fin du XVe ou au tout début du XVIe siècle a cependant réutilisé certains piliers de l’édifice premier.
La retombée des ogives des voûtes qui pénètrent dans les puissantes piles sans chapiteau intermédiaire, ou bien encore le réseau complexe des nervures ogivales qui ornent les voûtes du chœur ou de la chapelle nord, tout traduit ici le gothique final, dit « flamboyant » qui caractérise les XV et XVIe siècles.
Le clocher-porche :
L’espace fut remanié dès 1655, suite à l’effondrement partiel du clocher peu avant cette date ; ce porche offre un remarquable décor peint du XVIIe siècle composé d’éléments juxtaposés, notamment dans la chapelle située sous le clocher :
– une litre funéraire (bandeau peint en noir, sur lequel figurent les blasons des défunts de la famille seigneuriale, les Louvois, comtes de Tonnerre)
– des drapeaux, croix de malte et étoiles (famille des Le Bascle, seigneurs d’Argenteuil ?)
– des citations bibliques
– des sentences morales
– des motifs funéraires (ossements, seau d’eau bénite)
L’ensemble de ce décor peint fut restauré en 1998.
MOBILIER REMARQUABLE
Parmi les nombreuses statues de l’église, remarquons en particulier trois réalisations en pierre peinte du XVIe siècle :
– un « Ecce Homo » (le Christ de dérision présenté à la foule par Ponce Pilate avant la crucifixion)
– un saint Denis, martyr, premier évêque de Paris, portant sa tête après avoir été décapité
– un saint Loup (« Leu » gravé sur le socle).
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
En décembre 898, le duc de Bourgogne Richard le Justicier, défait à Argenteuil, puis à St-Florentin, les Vikings (« Normands ») qui hivernaient dans le Tonnerrois et les repousse vers la vallée de la Seine.