L'Église Notre-Dame - Villon

HISTOIRE

Le territoire de « Videlebum au pays de Tonnerre » figure dans le testament de Guiré, aristocrate mérovingien, qui, en 721, lègue ses biens à la basilique d’Alise (Alesia, Alise-Ste-Reine Côte d’Or), où repose le corps de sainte Reine, martyre.

La cure est nomination de l’évêque de Langres, diocèse dont dépend Villon jusqu’à la Révolution.

ARCHITECTURE

Trois parties bien distinctes composent l’édifice actuel. La plus ancienne, le chœur, remonte au XIIIe siècle. Clos à l’est par un chevet plat à « triplet » (ensemble de trois baies vitrées), la travée droite et le sanctuaire sont voûtés d’ogives à profil faiblement brisé, caractéristique du gothique de la première moitié du siècle.

La nef, ainsi que la façade, furent reconstruites dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, comme en témoigne la date de 1785 gravée juste au-dessus de la porte d’entrée, date elle-même surmontée des expressions latines « Hic Domini Domus » (« ici (est) la maison du Seigneur ») et « Ave Maria » (« Je vous salue, Marie »). Le style st « classique, avec la façade plane, la porte en arc plein-cintre (demi-cercle) et le fronton « à l’antique ». Quant au puissant clocher, de style « néo-gothique », il fut érigé dans la seconde moitié du XIXe siècle.

MOBILIER REMARQUABLE

Encore en place, ce qui est rare dans nos régions, le « tref » ou « poutre de Gloire » constitue un élément essentiel du patrimoine de l’église. Placée en hauteur à la limite entre la nef et le chœur, cette poutre supporte un calvaire en bois polychrome, composé comme il se doit du Christ en Croix, de la Vierge et de saint Jean et daté du XVIe siècle. C’était un marqueur monumental de l’entrée dans l’espace sacré, choeur et sanctuaire, jadis réservé au clergé officiant à l’autel.

 Plusieurs médaillons peints, du XVIe siècle, subsistent sur les murs du chœur. Orné d’une croix, chacun est accompagné d’un des douze Apôtres figuré avec son attribut spécifique, comme André avec sa croix en X. Il s’agit des médaillons enduits de saint chrême (huile sainte) par l’évêque au cours de la cérémonie de consécration de l’église.