L'Église St-Phal - Viviers
HISTOIRE
Jadis de l’ancien diocèse de Langres, l’église de Viviers est citée dans les archives depuis 1127 ; tout comme l’église de Béru toute proche, c’est, jusqu’à la Révolution, une succursale de la paroisse d’Yrouèrre. La nomination du curé est alors du ressort du doyen du chapitre de la collégiale St-Martin de Chablis.
L’église est placée sous le vocable de saint Phal ; ce moine, dont le nom latin, Fidolus, est devenu Fidole ou Phal, est un auvergnat qui a vécu au VIe siècle ; capturé par les troupes de Clovis, qui conquiert alors la Gaule, il est vendu comme esclave et racheté par l’abbé du monastère de l’Isle-Aumont près de Troyes. Il en devient moine, puis abbé et meurt vers 540. Son culte reste très localisé. Phal figure sur le vitrail du mur nord du chœur réalisé en 1902.
ARCHITECTURE
Jusqu’en 1902, l’édifice présentait une vieille nef encore romane (XIIe s.) et un chœur à trois pans bâti en style gothique flamboyant au tout début du XVIe siècle. Cette différence tient au fait que la reconstruction de l’édifice, probablement nécessaire après la guerre de Cent Ans, dépendait, pour le chœur, du patron de la paroisse, ici le chapitre de Chablis, et pour la nef, de la communauté villageoise. Seul le premier a eu les moyens financiers de réaliser les travaux qui lui incombaient.
Mais, en 1902, une vaste campagne transforme radicalement l’édifice ; l’ancienne nef est abattue et remplacée par une construction néogothique, comme en témoigne notamment son portail. Il semblerait que les voûtes du chœur aient été reprises à cette occasion. Il se pourrait que ces travaux aient été rendus nécessaires du fait d’importants désordres dans les maçonneries, comme cela se voit encore de nos jours sur le chœur gothique, désordres occasionnés par la forte pente du terrain.
MOBILIER REMARQUABLE
De son décor gothique du XVIe siècle, l’édifice conserve en particulier deux belles piscines liturgiques, dits aussi « lavabos » qui ornent le chœur et l’autel sud.
Par ailleurs, l’église conserve un vitrail tout-à-fait remarquable. Réalisé en 1902 par le célèbre atelier Vermonnet de Reims, cette vaste baie occupe tout le mur droit du chevet. De part et d’autre du Christ au Sacré Cœur, derrière qui on a peint la célèbre basilique du même nom à Paris, figurent des saints dits « universels », tels Pierre, Jean, Augustin. On voit aussi des saints qui ont marqué l’Yonne, comme Ebbon, archevêque de Sens au VIIIe siècle, le roi Louis IX qui, en 1239, a accueilli la Sainte Couronne d’Epines du Christ à Villeneuve d’Archevêque ou Jeanne d’Arc qui passa à Auxerre en 1429. D’autres enfin appartiennent à l’histoire du Tonnerrois. Michomer, ami de saint Germain d’Auxerre, était prêtre à Tonnerre au Ve siècle ; Thierry, évêque d’Orléans est le saint patron de Tonnerre, où il mourut en 1022 ; Hombeline, sœur de saint Bernard de Claivaux, fut moniale à Jully, près d’Ancy-le-Franc. Marguerite de Bourgogne, reine de Naples et de Sicile, fonda en 1293 le célèbre hôpital qui s’élève encore au centre de Tonnerre. Enfin, grande figure de l’Eglise au XIe siècle, saint Robert, abbé de St-Michel de Tonnerre puis ermite à Collan tout proche, fonda les célèbres abbayes de Molesme en 1075 et de Cîteaux en 1098.