L'Église Saint-Maurice - Collan
HISTOIRE
L’histoire de Collan (« Collanum ») est intimement liée à celle de saint Robert, figure majeure de l’Eglise au XIe siècle. Mone bénédictin, prieur de Montier-la-Celle près de Troyes, Robert est élu abbé de la grande abbaye St-Michel de Tonnerre vers 1068. Mais, attiré par une vie plus austère, il fait le choix radical d’abandonner sa charge et de rejoindre en 1074 un petit groupe d’ermites vivant dans la forêt de Collan. En 1075, Robert et ses confrères partent fonder l’abbaye de Molesme, aujourd’hui en Côte d’Or. Quelques années plus tard, en 1098, à la tête d’un petit groupe de moines épris d’absolu, Robert s’en va établir une nouvelle communauté sur la terre de Cîteaux, au sud de Dijon ; c’est le berceau de l’ordre cistercien. Le saint fondateur s’éteint à Molesme, où il était retourné, en 1111.
A son départ pour Molesme en 1075, Robert laisse à Collan quelques frères qui forment un petit prieuré à l’origine du village actuel. L’église, placée sous l’invocation de saint Maurice, est donc à la fois priorale et paroissiale. Jusqu’à la Révolution, l’abbaye de Molesme est seigneur de la terre de Collan et patron de la paroisse dont elle nomme le curé ; l’ensemble relève alors du diocèse de Langres.
ARCHITECTURE
Deux parties bien distinctes composent l’édifice ; la nef, la plus ancienne, date du XVe siècle. Quant au chœur, l’abbaye de Molesme le fait reconstruire entre 1540 et 1549, mais nettement plus haut que la nef. Cette dernière était à charge charge de la communauté paroissiale, ce qui explique certainement qu’elle n’ait pas été reconstruite à la suite du nouveau chœur.
Aussi, afin d’harmoniser l’ensemble architectural, les restaurateurs de l’église au XIXe siècle font-ils le choix de surélever à l’extérieur la nef à la hauteur du chœur C’est le mur sud de celle-ci qui, le 17 novembre 2015, s’écroule, fragilisant dangereusement l’église qui est fermée depuis.
En façade, le portail, de style néogothique, témoigne de la restauration du XIXe siècle. Le tympan en bois est orné d’une figure trinitaire, avec le coeur enflammé, symbole de l’amour divin, surmontant deux triangles portant le nom de Yahvé gravé en hébreux.
MOBILIER REMARQUABLE
Le bel autel en bois peint du XVIIIe siècle est surmonté de la statue équestre en pierre peinte de saint Maurice, patron de l’église ; l’œuvre est datée de la fin du XVIe siècle.
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
Maurice est le chef de la légion romaine dite « thébaine », car placée en garnison près de Thèbes en Egypte, puis transférée au IIIe siècle en Helvétie (Suisse actuelle), pour y pourchasser les chrétiens. Converti, Maurice est à son tour persécuté vers 286 après avoir refusé de sacrifier aux idoles païennes et massacré avec ses compagnons chrétiens près d’Agaune (canton du Valais), où une abbaye fondée au VIe siècle porte encore son nom. Il est le saint patron du royaume des Burgondes et donc de la Bourgogne, , protecteur des soldats, en particulier des Gardes Suisses du Vatican et des chasseurs alpins.