L'Église Saint-Jean-Baptiste - Chassignelles

HISTOIRE

Jadis du diocèse de Langres, l’église de Chassignelles était une succursale de celle d‘Ancy-le-Franc.

Bâtie à l’extérieur du village, le modeste édifice placé sous l’invocation de saint Jean-Baptiste se distingue dans le paysage par ses volumes harmonieux et son toit de « laves » ; ce terme technique ne désigne pas en Bourgogne de la pierre volcanique, mais des dalles « levées » c’est-à-dire extraites par plaques de couches supérieures des bancs calcaires qui affleurent dans les champs.

ARCHITECTURE

Précédé d’un porche ouvert et voûté en berceau brisé, la nef, bâtie sur le même principe architectural, débouche sur un chœur à chevet plat ; l’ensemble est daté de l’extrême fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Le triplet (groupe de trois baies vitrées) qui orne le chevet semble avoir été élargi au XVIe siècle.

MOBILIER REMARQUABLE

Ce qui fait le caractère tout-à-fait exceptionnel de cette église, c’est son extraordinaire décor peint qui couvre toutes ses voûtes. Découvert et mis au jour dans les années 2000-2008, ce décor des XIII et XIVe siècles présente un ensemble très varié de motifs et de figures : entrelacs, chevrons, losanges, médaillons héraldiques ave aigles ou lions, galons de grecques etc…

A ce décor « en tentures » s’ajoute un certain nombre d’éléments peints plus récents car datés du XVIe siècle. Il s’agit d’abord du célèbre « dit des trois vifs et des trois morts » dont les traces sont encore visibles sur les parois de la voûte du porche. A gauche, les trois jeunes chevaliers, insouciants et qui, partis à la chasse, voient arriver, face à eux, à droite, leurs doubles cadavériques qui les apostrophent en ces termes : « nous avons été ce que vous êtes et vous serez ce que nous sommes » ; interloqués, les trois jeunes gens se convertissent en vérité et changent de vie pour assurer leur salut.

Par ailleurs, les murs de la nef et du chœur conservent nombre de médaillons de consécration peints au XVIe siècle. Ils contiennent des figures d’Apôtres et sont entourés de phrases du Credo que la tradition attribue à chacun des Douze.

Un délicat « tableau » mural daté aussi du XVIe siècle illustre l’épisode de l’Annonciation.

Enfin une rare cuve baptismale en pierre du XII ou XIIIe siècle présente la particularité de repose sur des figures de lions.