L'Abbaye de Reigny - Vermenton
HISTOIRE
L’origine de l’abbaye ne se situe pas à Reigny, mais sur la commune actuelle de Joux-la-Ville, au lieu-dit « Fontemois ». En 1104, deux religieux, Guérin et Girard, y fondèrent un ermitage dont la réputation finit par attirer de nombreux disciples. Devenu monastère, l’établissement rejoignit définitivement l’Ordre Cistercien en 1128 quand Etienne de Toucy, envoyé par saint Bernard de Clairvaux, en devint alors abbé.
Peu après, en 1131, les moines décidèrent de quitter leur site d’origine, alors au diocèse d’Autun, et de se fixer à Reigny, au diocèse d’Auxerre, sur une terre qui leur avait été offerte par Guillaume, comte d’Auxerre et de Nevers. Les religieux s’y installèrent définitivement en 1134.
Rapidement prospère, l’abbaye Notre-Dame bénéficia tout au long du Moyen Âge de protections des puissants, qu’ils soient comtes d’Auxerre, pape (Eugène III en 1147), ou encore rois de France (Charles V en 1370, Charles VIII, qui en fait une abbaye « royale » en 1493).
L’établissement se remit difficilement du sac protestant de 1587 et, en 1790, la Révolution en expulsa les huit derniers moines. Vendue comme bien national, l’abbaye perdit alors la plus grande partie de ses bâtiments, dont l’église qui venait juste d’être reconstruite deux décennies plus tôt.
ARCHITECTURE & MOBILIER REMARQUABLE
De l’église reconstruite de 1759 à 1765 sur les plans du célèbre architecte Claude Louis Daviler, il ne reste aujourd’hui que les fondations, dégagées par le propriétaire en 1917 et 1925.
Mais c’est le superbe réfectoire qui constitue de nos jours le joyau architectural de Reigny. Cette élégante salle à deux nefs et six travées voûtées d’ogives est datée de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle ; elle conserve une exceptionnelle chaire de lecteur en pierre intégrée dans la structure bâtie ; les moines mangeaient en silence, pendant que l’un des leurs faisait lecture à haute voix de textes bibliques et spirituels.
Le « bâtiment des moines », jadis dortoir à l’étage et aujourd’hui habitation, ainsi que le pigeonnier du XVIIe siècle méritent aussi la visite.