L'Église Saint-Adrien - Mailly-le-Château

HISTOIRE

L’église St-Adrien n’est à l’origine et au moins jusqu’au début du XIIe siècle qu’une chapelle castrale, attachée au château des comtes d’Auxerre qui a donné son nom au bourg ; celui-ci dépendait de la paroisse de Mailly-la-Ville, dont l’église est aussi placée sous l’invocation de saint Adrien. Il semble que Mailly-le-Château ait accédé au statut de paroisse dans la seconde moitié ou à la fin du XIIe siècle. La reconstruction de l’église au début du XIIIe siècle pourrait résulter de ce changement.

ARCHITECTURE

Extérieur

L’édifice s’impose d’abord par sa façade monumentale et curieusement dissymétrique ; le puissant arc-boutant au nord (à gauche) pourrait avoir été ajouté dans un second temps pour contrecarrer un éventuel dévers de la nef, tandis qu’au sud (à droite), un toit dit « en poivrière » coiffe la tour d’escalier qui mène à la galerie de façade.

La partie centrale, correspondant à la nef, a été conçue selon un schéma vertical dynamique : portail trilobé en arc brisé, étroites arcatures élancées de la galerie supérieure, pignon triangulaire ; cette verticalité est fortement soulignée souligné par les deux puissants contreforts qui encadrent l’ensemble.

La galerie supérieure constitue la principale originalité de l’église. Les quatre arcatures reposent sur d’élégantes colonnettes dont la partie basse est occupée par cinq statues ; quatre hommes soutiennent avec effort la colonnette qui repose sur leur tête et sur leur nuque, la statue centrale, elle, représente une femme fière qui, en avant et main sur la hanche, adopte une attitude plutôt majestueuse.

L’interprétation de cet ensemble sculpté du XIIIe siècle reste incertaine ; faut-il y voir la figure de Mathilde, comtesse d’Auxerre et seigneur de Mailly, qui, en 1223 affranchit les habitants et allégea les charges fiscales qui pesaient sur eux ou bien l’Eglise qui aide les fidèles à se libérer du péché inhérent à la condition humaine ?

Quant au puissant clocher qui flanque le chœur au nord, il a été érigé au XVIe siècle.

Intérieur

En hauteur, la nef voûtée d’ogives est ceinturée par un « triforium », sorte de galerie ici composée de petites arcades en plein-cintre, de tradition romane, et dotée de voûtes en berceaux transversaux ; par un jeu subtil de pleins et de creux, d’ombre et de lumière, ce dispositif anime avec élégance l’élévation de l’édifice.

Le contraste est saisissant avec le chœur polygonal, bien plus bas et étroit que la nef ; les ogives des voûtes retombent sur de fins chapiteaux « à crochets » coiffant de courtes colonnettes posées sur le bord en saillie

du premier niveau. Ce dernier est subitement animé d’une série continue de baies géminées. Les chapelles sud et du nord ont été rajoutées respectivement au XIVe et au XVIe siècle.

MOBILIER REMARQUABLE

L’édifice conserve, sous le badigeon blanc qui a recouvert les maçonneries, de nombreuses traces de peintures murales que ce soient celles d’un faux appareil aux joints ocres (XIIIe siècle ?) ou celles qui embellissent les clefs des voûtes de la nef (XVIe siècle ?). Sur un des piliers de la nef, subsiste la figure de sainte Apolline martyre, reconnaissable à la tenaille qu’elle tient en main ; en effet, selon la   tradition, ses bourreaux lui arrachèrent les dents.

La Vierge à l’Enfant en pierre polychrome placée à l’entrée du chœur est une belle œuvre du XVe siècle ; couronnée, Marie porte de sa main droite une sorte de bouquet fleuri.