L'Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Courgis
HISTOIRE
La paroisse de « Corgiacus » apparaît dans les archives en 1279 ; elle est alors dépendante des chanoines du chapitre de la cathédrale St-Etienne d’Auxerre.
ARCHITECTURE
Nef et chœur constituent la partie la plus ancienne de l’édifice actuel ; en témoignent les croisées d’ogives des voûtes et les chapiteaux « à crochets », éléments qui caractérisent l’art gothique du XIIIe siècle. Plus tard, à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, un bas-côté a été érigé sur le flanc nord de l’église.
Frappé par la foudre, le clocher, originellement placé en façade, a été reconstruit en 1866 sur le flanc sud de l’église. Le petit portail de la façade actuelle date donc de cette époque.
MOBILIER REMARQUABLE
Datée du premier quart du XVIe siècle, une belle série de peintures murales décore le bas-côté nord :
1 – le « Dit des Trois Vifs et des Trois Morts » : ce récit moralisant, élaboré au XIIIe siècle, connaît un très grand succès aux XV et XVIe siècle. Trois jeunes chevaliers, insouciants, partis à la chasse au faucon, se retrouvent dans une clairière au centre de laquelle s’élève un calvaire, face à trois décharnés (corps en décomposition) qui les interpellent ainsi : « Nous avons été ce que vous êtes et vous serez ce que nous sommes ». La leçon est claire : pensez dès ici-bas au salut de votre âme, plutôt que de passer votre temps à vous distraire.
2 – une série de saints personnages peuple le mur du bas-côté : Jean-Baptiste, ainsi que des Apôtres, qui, à l’origine, devaient être au nombre de douze.
3 – un miracle de saint Hubert ; chasseur impénitent, peu soucieux de son salut, Hubert poursuivait un cerf qui s’arrêta soudain, se retourna vers lui et fit briller entre ses bois un crucifix lumineux. Converti, Hubert entra alors dans les ordres et finit évêque de Tongres-Maastricht (VIIIe s.).
La chapelle sud abrite un bel ensemble sculpté du XVIe siècle, provenant d’une poutre de Gloire qui, placée en hauteur à l’entrée du chœur, marquait la séparation entre la nef et l’espace sacré. C’est le calvaire, avec le Christ en Croix, la Vierge et l’Apôtre saint Jean.
Le chœur conserve une belle série de stalles en bois du XVIIe siècle. Elle provient de l’église St-Loup d’Auxerre, détruite à la Révolution. La date de 1650 figure sur un des montants, ainsi que le blason de la confrérie des mariniers d’Auxerre, qui avait son siège dans cette église disparue.
Placée à la droite de l’ancien maître-autel, la chapelle funéraire de Jacques Ferrand, seigneur de Courgis décédée en 1665, est dotée d’un autel dont le retable est orné d’une peinture représentant son saint patron, l’Apôtre Jacques-le-Majeur.
TRADITIONS, LEGENDES & CURIOSITES
Chaque année, le dimanche qui précède le 15 août, la paroisse célèbre la Sainte Epine de Courgis. Selon la tradition, Godefroy, seigneur de Bouillon dans les Ardennes, parti à la croisade, envoya à son frère resté au château une épine de la couronne du Christ. En 1555, ses lointains héritiers mirent à l’abri la précieuse relique dans leur château de Courgis. Le culte est autorisé en 1558 par l’Eglise après enquête. En 1633, Jacques Ferrand, seigneur du lieu, propriétaire de la relique, en fait don à la paroisse. La dévotion perdure de nos jours.