L'Église Saint-Sylvestre - Tanlay
HISTOIRE
Situé au carrefour de plusieurs voies romaines, comme scelles allant de Sens à Alesia ou de Tonnerre à Langres, la terre de Tanlay est mentionnée dès 1178, dans une reconnaissance faite à l’abbaye de Quincy, toute proche, du droit de pâture sur les lieux.
Jusqu’à la Révolution, la paroisse de Tanlay relevait du diocèse de Langres.
L’édification de l’église actuelle est intimement liée à l’histoire du château ; en effet, l’église paroissiale originelle était ailleurs, à la limite du territoire de la commune voisine de St-Vinnemer, dont elle était une succursale.
Contrôleur puis surintendant des finances du roi Louis XIII, Michel Particelli d’Hemery acheta le château de Tanlay en 1642 ; c’est sa veuve, Marie Camus, qui, en 1655, fit édifier une nouvelle église près du château, sur le bord de l’allée qui mène à l’édifice. L’ancienne fut alors abandonnée puis démolie.
L’église de Tanlay est placée sous le patronage de saint Sylvestre, pape du IVe siècle qui, selon la, tradition, aurait baptisé l’empereur Constantin, converti à la foi chrétienne. Il figure sur l’un des vitraux de l’édifice.
ARCHITECTURE
De plan simple à chevet plat, la nouvelle église fut réalisée selon les canons du style dorique.
Extérieur :
En façade, l’entrée est élégamment traitée à l’image d’un temple « à l’antique » avec ses pilastres, ses chapiteaux doriques, son entablement décoré d’une frise à triglyphes (ornement sculpté de trois rainures verticales) et son fronton triangulaire. Typiques du XVIIe siècle, deux « pots à feux » encadrent l’édicule supérieur dont la niche abrite aujourd’hui une statue de saint Pierre qui n’est pas dans son emplacement d’origine.
Intérieur :
La nef unique est couverte d’une voûte en berceau plein-cintre, mais qui utilise encore la croisée d’ogives issue de la tradition gothique. De larges baies vitrées y apportent une abondante lumière.
MOBILIER REMARQUABLE
Principal élément du mobilier de l’église, le maître-autel du XVIIIe siècle, avec son tabernacle en marbre provient de l’ancienne abbaye bénédictine de Molosme, toute proche. Encadré de pilastres cannelés, l’imposant retable monumental est surmonté d’une frise à triglyphes qui a rappelle celle de la façade de l’église et d’un fronton au centre duquel le triangle, figure de la Trinité, porte le nom de Yahvé (Dieu) en écriture hébraïque ; le tableau placé au centre du retable représente la Résurrection du Christ. Les lambris de bois qui tapissent les murs du chœur ont été datés de 1742 et attribués au célèbre ébéniste Jean Nicolle, de Tonnerre.