Mairie-lavoir - Stigny
Pour l’homme, s’installer vers un point d’eau a toujours été la règle. C’est ainsi que le village s’est construit autour d’une source, et sur une nappe d’eau souterraine alimentant une trentaine de puits artésiens.
1387 : les religieuses de Jully louent une maison et une demi-grange près de la fontaine de Setigny à Jean Naigon, à Amelot sa femme et à leurs enfants pour la vie durant.
31 août 1693 : la restauration de la fontaine, du lavoir et du gué du ruisseau est mise en adjudication. C’est le charpentier Claude Henry LAMARRE de Stigny qui l’emporte pour 1350 livres. Les terres retirées pourront être déposées dans les fossés de la Porte de la Poterne. Des murailles solides devront empêcher les eaux et immondices de tomber dans le bassin. Lequel bassin sera fait à neuf en pierre de taille aux dimensions de 2,60m de large, 3,24m de long et 1m de haut. Une arcade en pierre de taille fera séparation entre la fontaine et le lavoir. De grosses pierres serviront de couverture.
18 avril 1695 : L’affaire est remise en question puisque Jean Baptiste ROLLER, architecte et entrepreneur de bâtiment à Commissey, chiffre 940 livres de réparation pour la fontaine, l’abreuvoir et le ruisseau.
29 septembre 1761 : l’architecte Claude Louis DAVILER dresse le projet de nombreuses rénovations dans le village, la fontaine et le lavoir sont qualifiés de nulle valeur. Il recommande une fontaine de 7 pieds carrés par 9 pieds de haut, mais il donne aussi le bassin de la source de forme ovale. Bâtiment du lavoir 8,42m de long, 6,50m de large et 3,24m de haut hors oeuvre. Murs de 0,81m d’épaisseur en fondation puis de 0,65m en élévation. 2 pointes de pignon en moellons. Comble à 2 égouts, couverture en laves. Bassin de 5,80m X 2m. Une gargouille de pierre pour conduire les eaux vers l’abreuvoir. IL y aura toujours 0,64m d’eau dans la fontaine et le lavoir.
11 avril 1787 : Jeanne Seure est retrouvée noyée dans la fontaine.
Avant la Révolution, nous savons que les grandes décisions sont prises devant l’église au sortir de la messe ou suite à l’appel de la cloche. De façon plus qu’imprécise une maison commune est quelquefois évoquée, mais un auditoire et une prison existaient au 1 Grande rue.
23 avril 1831 : Adjudication de travaux pour agrandir le lavoir, bâtir une maison commune dessus, et reconstruire les murs de l’abreuvoir. 24 adjudicataires se présentent, mais c’est le maçon sistinien Edme GAUTHIER, le moins cher qui emporte le marché pour 12790 francs. Le projet a été monté par René VIARD-HOLLIER, conducteur des travaux communaux de l’arrondissement. On lit de nombreuses marques de tâcherons sur les claveaux ou corniche ̏R, F, A, M, Y, T ̋ et 1832 sur une frise, marquant la fin des travaux. Viard-Hollier a supervisé l’acquisition de deux cloches pour l’église de Stigny en 1827, c’est aussi l’auteur de l’église de Jully en 1830. Il est connu comme l’architecte de l’hôtel de ville de Tonnerre en 1832.
XIXème siècle : Du minerai de fer était extrait à Jully et sur le plateau de Stigny, avant d’être acheminé aux forges d’Ancy-le-Franc. Il fallait le laver. Ce qui était fait dans une série d’auges installées en cascade en prolongement du lavoir à l’Ouest de la mairie. Une de ces auges sert actuellement de jardinière devant la mairie.
1841 : Addition d’un petit abreuvoir rond, avec garde-corps devant le 1 rue de Moncelot.
1891 : Installation d’une pompe à godets sur le bassin-réserve d’eau.
1968 : Vu l’adduction d’eau dans toutes les fermes, les eaux croupissantes sans mouvement en été, l’étroitesse de la rue de Moncelot, ce que beaucoup ont appelé la mare, cet abreuvoir entouré de parapets est supprimé pour donner une seconde place.
1977 : Le lave-linge s’est répandu dans tous les ménages, le lavoir n’est quasiment plus utilisé.
20 mai 1995 : Inauguration des travaux de mise en valeur du lavoir (murs jointoyés, installation d’une grille fermant la voûte de la fontaine, décapage des poutres).
2017 : Restauration complète de l’édifice. Travaux de peinture, revêtement de sols, isolation, toiture…
La partie orientale où se situe l’entrée de la mairie pourrait être plus ancienne, d’ailleurs de dimension plus réduite. C’est sous cette partie que sourd l’eau dans un premier bassin carré au plafond voûté en plein cintre avec au fond, dans une niche une vierge à l’enfant avec le millésime 1831. En étage, la prison de 5,6 m2. Au début du XXème siècle, le garde-champêtre l’utilise encore. En Juillet 1918, Louis Sertilange en état d’ivresse réussit quand même à défoncer le mur et à s’évader du violon. La partie occidentale comporte la salle unique d’administration avec deux petits bureaux. Réunions du conseil municipal, salle des mariages, bureau de vote et même vente aux enchères s’y déroulent. Nous pouvons y voir une Marianne de 1792 et en haut-relief le portrait du général de Gaulle par Pierre Bettencourt de 1969.